Lorsqu’en 1840, Berlioz
s’attelait à La Damnation de Faust

– remaniant les Huit scènes de Faust écrites douze ans plus tôt – il était conscient de s’attaquer à l’un des sommets de la littérature dramatique, de surcroît nimbé de l’aura dont jouissait Goethe à travers l’Europe.

Aussi composa-t-il un chef-d’œuvre à la hauteur de son sujet : une œuvre discontinue et poétique, une musique d’une liberté absolue qui excédait les dimensions de la représentation scénique.

Alvis Hermanis, à qui il incombe aujourd’hui de donner une nouvelle vision de cette «Légende dramatique», n’en ignore rien : il sait les dangers que présentent ces scènes fragmentaires et incandescentes imaginées par Berlioz. En collaboration avec l’artiste vidéaste Katrina Neiburga, il a conçu un projet gigantesque, une scénographie d’images pures qui nous entraîne loin de ce monde, en résonnance avec les plus récentes avancées scientifiques de la recherche cosmologique.

C’est la construction de ce projet artistique que nous vous proposons de découvrir étape par étape ; c’est à ce voyage au cœur de la création que nous vous proposons de prendre part.

© akg-images / Marion Kalter

Alvis Hermanis,
metteur en scène de La Damnation de Faust

Au confluent de la dramaturgie germanique et de l’intensité du théâtre russe, le metteur en scène letton Alvis Hermanis est insaisissable : avide de rencontres, de renouvellement, d’expériences esthétiques inédites, il multiplie les collaborations, parcourt et explore des univers artistiques aussi surprenants qu’inattendus.

Il s’associe à la vidéaste Katrina Neiburga pour concevoir la scénographie de cette nouvelle production de La Damnation de Faust.

Solistes

Bryn Terfel

© Brian Tarr

Sophie Koch

© Patrick Nin

Jonas Kaufmann

© Gregor Hohenberg / Sony Music

Entretien avec Philippe Jordan,

chef d’orchestre

Philippe Jordan, qui dirige La Damnation de Faust, évoque l’importance de la figure d’Hector Berlioz dans la musique française, ainsi que les principes qui définissent sa vision de chef : le travail par cycle avec l’Orchestre, l’échange et le partage avec le public…

Comment
se monte un opéra ?

3 ans
avant
la Première

Programmation

Stéphane Lissner, Directeur de l’Opéra national de Paris, décide de présenter une nouvelle production de La Damnation de Faust d’Hector Berlioz sur la scène de l’Opéra Bastille. Il choisit d’en confier la direction musicale à Philippe Jordan, la mise en scène et les décors à Alvis Hermanis.

Les premières discussions permettent d’esquisser les contours musicaux, dramaturgiques et scénographiques du projet.

L’équipe artistique s’élargit : les lumières sont confiées à Gleb Filshtinsky, la vidéo à Katrina Neiburga, la chorégraphie à Alla Sigalova, la réalisation des costumes à Christine Neumeister

Distribution

Jonas Kaufmann, Sophie Koch et Bryn Terfel tiendront respectivement les rôles de Faust, Marguerite et Méphistophélès. La distribution sera progressivement complétée dans les mois qui suivront.

Philippe Jordan et le chef des chœurs José Luis Basso définissent ensemble les effectifs choraux.

1 an et demi
avant
la Première

Dépôt des maquettes

Les maquettes de décors sont présentées par l’équipe artistique aux responsables des ateliers de l’Opéra.

Ces maquettes font l’objet d’une validation artistique mais aussi technique et budgétaire :

  • les décors sont-ils réalisables sur la scène de l’Opéra Bastille ?
  • Peuvent-ils accueillir chœurs et figurants ?
  • Satisfont-ils aux exigences d’une programmation en alternance ?

Les maquettes des costumes sont généralement présentées quelques mois après celles des décors. La réalisation des décors et des costumes peut alors commencer dans les ateliers de l’Opéra.

1 an
avant
la Première

Auditions

Le metteur en scène et la chorégraphe auditionnent les figurants et danseurs de la production.

Technique

Premiers essais de projection vidéo.

1 mois et demi
avant
la Première

Finalisation des décors

5 semaines
avant
la Première

Scènes piano

Montage des décors. Début des répétitions musicales, scéniques et chorégraphiques pour les solistes, les chœurs, les danseurs et les figurants de la production.
Les musicales ont lieu en studio.
Les répétitions avec le metteur en scène ont lieu en salle Gounod, dans les décors.
Elles sont accompagnées au piano : on parle de scènes piano.

Essayage des costumes qui devront être finalisés lors de la Générale piano.

4 semaines
avant
la Première

Lectures d’orchestre

Début des répétitions en studio pour l’Orchestre et les Chœurs.

2 semaines
avant
la Première

Italiennes

Première rencontre entre les chanteurs et l’Orchestre.

Générale piano

La production arrive au plateau. Création lumières. Les scènes piano se poursuivent sur la scène de l’Opéra Bastille. Parallèlement, l’Orchestre continue à répéter en studio. Les scènes piano se terminent par la Générale piano qui file le spectacle intégralement en costumes, perruques et maquillage.

1 semaine
avant
la Première

Scènes d’orchestre

L’Orchestre rejoint la fosse.
On répète d’abord scène par scène, avant de faire les premiers filages partiels.

4 jours
avant
la Première

Pré-générale

On file pour la première fois l’intégralité du spectacle avec l’Orchestre, en conditions réelles, avec maquillage et costumes. Toutes les équipes techniques sont mobilisées.

2 jours
avant
la Première

Générale

On file pour la deuxième fois l’intégralité du spectacle avec l’orchestre, cette fois devant public.

 

Gala de Première