© collection personnelle de l’Artiste – 2012

Arrière petite nièce de Francis Poulenc et arrière petite nièce de Jacques de la Presle (prix de Rome de composition), Stéphanie d’Oustrac chante en cachette toute petite déjà. Mais ses années à la Maîtrise de Bretagne dirigée par Jean-Michel Noël vont bouleverser sa toute jeune vie. Attirée surtout par le théâtre, c’est en écoutant Teresa Berganza en récital qu’elle découvre l’art lyrique.

Son baccalauréat en poche, elle quitte alors Rennes pour intégrer le Conservatoire National Supérieur de Lyon. Avant même de recevoir son premier prix, William Christie – rencontre déterminante pour sa carrière – lui offre son premier beau rôle de tragédienne à l’Académie d’Ambronay : Médée dans Thésée de Lully. Il est le premier à voir en elle ses talents de chanteuse et de comédienne en lui confiant par la suite le rôle de Psyché dans Les Métamorphoses de Psyché (Lully-Quinault / Molière-Corneille).

Indéniablement, ses débuts sont marqués par l’univers du répertoire baroque. Après William Christie, elle travaille avec des chefs réputés comme Jean Claude Malgoire, Gabriel Garrido et Hervé Niquet. En même temps, Stéphanie d’Oustrac est choisie pour incarner tour à tour des rôles de jeunes premières et de travestis appartenant pleinement au répertoire classique.

Ses qualités de diction la font rapidement remarquer et devenir une des figures incontournables du répertoire français. Ses interprétations saluées de Médée et d’Armide la mènent logiquement à Carmen : prise de rôle à l’Opéra de Lille en mai 2010 et encensée unanimement par la critique.
Dans le même temps, ses représentations de La Voix Humaine (abbaye de Royaumont, Toulouse en 2010) et de La Dame de Monte-Carlo subjuguent définitivement les amateurs de Poulenc.

Néanmoins pour Stéphanie d’Oustrac, il n’y a pas que la voix. Artiste intensément comédienne, sa personnalité généreuse et sa plastique irréprochable lui permettent d’aborder toute la panoplie des types féminins : jeune femme, fille en fleur (Zerline, Argie, Psyché, Mercedes, Callirhoé, Périchole, Belle-Hélène), amante trompée et abandonnée (Médée, Armide, Didon, Phèdre, Ottavia, Céres, Erénice, Elle), femme fatale (Carmen) et travesti (Nicklausse, Sesto, Ruggiero, Lazuli, Cherubino, Annio, Oreste, Ascagne)…

Grâce à ces différents rôles, elle fait régulièrement de vraies rencontres avec de prestigieux metteurs en scène parmi lesquels Laurent Pelly (Belle-Hélène, La Périchole, Les Contes d’Hoffmann), Robert Carsen (Armide), Jérome Déschamps (L’Etoile), Jean-Marie Villégier (Les Métamorphoses de Psyché), Yannis Kokkos (Giulio Cesare, Phaedra, Didon & Enée), Mariame Clément (Belle-Hélène), Vincent Vittoz (La Voix Humaine), David Mc Vicar (Giulio Cesare), Jean-François Sivadier (Carmen), les chorégraphes Montalvo/Hervieu (Les Paladins), Christian Rizzo (La Voix Humaine)….

Aujourd’hui, sa voix et sa présence scénique incontestées séduisent les plus grands chefs tels que Marc Minkowski, John Eliot Gardiner, Myung-Whun Chung, Alan Curtis, Christopher Hogwood, Jesus Lopez-Cobos, Alain Altinoglu, René Jacobs, Claude Schnitzler, Giuseppe Grazioli, Jean-Yves Ossonce, John Nelson, Jean-Claude Casadesus … pour ne citer qu’eux.

Invitée par de très nombreux théâtres français : Opéra National de Paris, Opéra-Comique, Théâtre du Châtelet, Théâtre des Champs-Elysées, Opéra Royal de Versailles, Opéras de Rennes, Nancy, Lille, Tours, Marseille, Montpellier, Caen, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Avignon… Elle est également appréciée à l’étranger : Baden-Baden, Luxembourg, Genève, Lausanne, Madrid (Teatro de La Zarzuela), Londres
(Barbican), Tokyo (Bunkamura), New-York (Lincoln Center), Opéra de Shangaï….

Stéphanie d’Oustrac prend aussi beaucoup de plaisir à participer à des festivals :
Aix-en-Provence, Saint-Denis, Radio-France… En 2009, son rôle de Sesto (Giulio Cesare) au Festival de Glyndebourne fut un immense succès.

Artiste éclectique au talent complet, elle donne régulièrement des concerts de musique de chambre avec les ensembles Amarillis, Il Seminario Musicale, Les Paladins, La Bergamasque ou Arpeggiata. Elle se produit également en récital, principalement depuis 1994 avec son grand ami pianiste Pascal Jourdan.

Stéphanie d’Oustrac a en outre été récompensée par plusieurs prix: Prix Bernac (1999), Radios Francophones (2000), Victoires de La Musique (2002), Gramophone Editor’s Choice pour le CD de Haydn (2010).

Parmi ses projets, citons plusieurs concerts avec Amarillis, reprise de Carmen à Caen, Cléopâtre de Berlioz avec l’Orchestre the Age of Enlightenment à Londres, spectacle Poulenc Cocteau à Besançon et au Théâtre de l’Athénée à Paris, reprise de la Belle-Hélène à Strasbourg, Mère Marie de l’Incarnation (Dialogues des Carmélites) à Avignon, Cybèle (Atys) à l’Opéra-Comique, Sesto (La Clémence de Titus) à l’Opéra de Paris…

 

source : France musique